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Le Collège La Fontaine, à St-Germain-des-Fossés

Le Collège La Fontaine, à St-Germain-des-Fossés

Le blog du CDI et du Collège Jean de La Fontaine, de St-Germain-des-Fossés dans l'Allier, en Auvergne. Le club Journal vous dit tout ! TOUT... TOUT.. vous saurez TOUT. Enfin... presque tout. BONNE VISITE et... BONNE LECTURE !


A lire !

Publié par Le cédéiste sur 24 Octobre 2013, 17:56pm

Catégories : #Livres à dévorer !

Je vous conseille la lecture de... "A mort la haine ! - d'Arthur Ténor (Oskar éditeur)

L'histoire :

Élie est juif. Mourad est arabe. Entre eux fusent les « Sale Juif ! », « Sale Arabe ! ». La relation détestable entre ces deux adolescents empoisonne la vie de la classe au point de remettre en question le voyage organisé par l’école à la montagne. Par un héroïque sursaut d’intelligence, les deux frères ennemis décident d’une trêve, afin que soit maintenu ce séjour tant attendu. Les voici donc tous partis. Une première sortie raquettes est très vite programmée. Ce devait être une journée uniquement promise à la joie et la bonne humeur. Oui mais voilà, la rivalité entre Élie et Mourad refait bientôt surface. Course, erreur de parcours, bagarre, chute dans un ravin… et voici que la météo y va de sa colère blanche. Les adolescents sont perdus, seuls et de ce fait condamnés à s’entraider ou à périr chacun de son côté. Leur périple s’achève dans une chapelle et sous le regard d’un dieu qui n’est pas le leur. La fragile sagesse dont ils ont su faire preuve pour sauver le séjour leur permettra-t-elle de se sauver mutuellement ?

Thème : Conflit israélo-arabe / Répercussion sur les communautés en France / Haine / Violence / Antisémitisme / Islamophobie / Intolérance / l'Autre / Classe de 4ème / Voyage scolaire en montagne...

Commentaire :

Sans nul doute, voilà un roman à lire !

Arthur TENOR s'attaque, avec courage (il s'en sort plutôt bien), dans ce court et intéressant roman (99 p.), à un sujet d'actualité, difficile à traiter : les répercussions, au sein d'une classe d'élèves de 4ème de la Métropole, du conflit israélo arabe. Et celles-ci sont... violentes ! En effet, Mourad et Elie - "l'un comme l'autre, beaucoup trop identifiés au conflit du Moyen-Orient, sans réflexion, sans discernement, sans nuance" (p.11) - passent leur journée à s'invectiver (le mot est faible).

Le message de l'auteur est clair : la guerre et ses ravages sont absurdes... L'entraide, la tolérance et l'ouverture (à l'Autre) doivent être supérieures à tout autre considération. On trouve également quelques allusions à quelques autres maux de nos sociétés de consommation, ainsi à la page 92... "Je ne m'étais jamais aperçu que c'était si bon... c'est par ce qu'on est gavé de tout..."

Si la fin (trop rapide ?) n'est guère surprenante - mais après tout, était-ce une obligation ? - l'intérêt de ce récit réside ailleurs : dans la manière dont Arthur Ténor construit l'opposition entre ses deux personnages, dans l'évolution de leur caractère bien sûr, mais aussi dans sa façon de créer, au fil des pages, par une succession d'événements (bien vus et intéressants !), une belle... tension ! L'écriture est fluide, agréable, elle sert joliment cette histoire... "Dans le jour déclinant qui rendait le brouillard encore plus opaque, les reliefs achevaient de s'estomper, privant l'oeil de tout repère. Le silence cotonneux de cet environnement gris et blanc, qui en d'autres circonstances aurait été plutôt apaisant, inspirait aux égarés une pénible sensation d'étouffement." (P. 51) .... Arthur Ténor aime à écrire sur les affres de la nature ("La tempête", "Tsunami"...). Ici, il décrit fort bien une nature riante (au début, la neige est belle, la classe part faire des raquettes, c'est les "vacances"...) qui devient vecteur d'angoisses et de dangers : la neige, la tempête, le brouillard, les bourrasques, le silence, le froid glacial...

Si le sujet est grave, il y a quelques "respirations" qui font se souvenir les potaches que nous étions lors de colonies de vacances (ici, il s'agit d'un voyage scolaire) et puis - me semble-t-il - il y a un sympathique clin d'oeil au duo, Eddy-Mitchell-Serge Gainsbourg ("Vieille canaille", p.39), mais ça c'est pour l'anecdote et pour le très vieux lecteur que je suis !

Le lecteur suit quasiment exclusivement les deux adolescents. Surtout à partir du moment où Mourad et Elie s'enfoncent dans la tempête. Dommage que l'on perde de vue M. Herbin, Antoine et Léa, les deux collégiens qui ont menti sur les conditions météorologiques... Certes, il est normal qu'Arthur Ténor se soit attardé sur Mourad et Elie, ils sont le sujet de cette haine viscérale et de la problématique de l'histoire. MAIS... j'aurais aimé en connaître davantage quant au point de vue des camarades de la classe. Il y avait matière à faire plus long, me semble-t-il : que savent-ils et que pensent-ils de cette haine ? de ces causes (la guerre)... Comment la vivent-ils ? J'aurais également aimé "vivre", les inquiétudes, les angoisses, les questionnements des autres protagonistes, le professeur de français, l'infirmière... lors de la disparition des deux jeunes. Ils ne réapparaissent que dans l'épilogue et encore, rapidement.

Il aurait fallu augmenter le volume de pages, le sujet est passionnant, il y avait matière. Mais ça c'est parce que j'ai aimé ce roman !

L'objet-Livre : Voilà un très joli livre de par son petit format (petit poche), passe partout, magistralement mis en valeur par une couverture du meilleur effet ! Une couverture qui réussit à être remarquée et donc, à attirer l'oeil.

Le titre de ce roman réflexif est une belle trouvaille ! Il est fort et évidemment pas neutre : "A mort la haine !" (il rappelle un autre roman engagé d'Arthur Ténor, "A mort l'innocent !) "A mort la haine !" est à la fois accrocheur (dans le bon sens du terme) et fort bien trouvé. Il marque les esprits et reste en mémoire.

Une partie documentaire en fin d'ouvrage aurait été fort utile. Une ou deux pages ramassées pour expliquer, rapidement (carte à l'appui) et simplement aux jeunes lecteurs, ce qu'est le conflit israélo-arabe. L'Intifada aurait également méritée une petite définition.

En conclusion, un très bon roman courageux que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ! Mais... trop court à mon goût !

A lire !

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